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Du fait de lépidémie dobésité, les stéatohépatites non alcooliques pourraient connaitre une explosion dans les années à venir. Mais aucun traitement na actuellement prouvé son efficacité hormis la perte de poids.
A côté des hépatites virales B et C, dont les progrès thérapeutiques sont en passe de modifier radicalement le visage et lépidémiologie, il existe dautres maladies du foie, moins médiatisées, parfois méconnues du grand public et pourtant très fréquentes, et que lon ne sait pas guérir actuellement. Signe des temps, la Paris Hepatitis Conference, qui réunit depuis 2004 à linitiative du Pr Marcellin de nombreux experts internationaux sur le sujet, et qui a accompagné en particulier lapparition et la mise à disposition des nouveaux traitements de lhépatite C, est devenue cette année la Paris Hepatology Conference. Elle vient de se dérouler (30 et 31 janvier). Pour les organisateurs, il sagit bien de "couvrir le champ de toutes les maladies du foie qui posent des problèmes non résolus" . Et dans ce domaine, la stéatohépatite non alcoolique (non alcoholic steatohepatititis ou Nash) a toute sa place. Fréquente, et pourtant peu connue, elle constitue un enjeu majeur en hépatologie, car elle montre une augmentation importante de sa prévalence dans les pays industrialisés.
Couramment appelée "foie gras", la Nash est une complication hépatique du syndrome métabolique défini par 3 des 5 éléments suivants: diabète, obésité centrale, hypertension artérielle, élévation du taux des triglycérides, baisse du taux du HDL cholestérol. Cette pathologie est liée à un afflux dacides gras libres qui sont stockés dans le foie, où ils déclenchent alors un processus oxydatif et une toxicité mitochondriale aboutissant à la destruction des cellules hépatiques.
80% des cirrhoses considérées avant comme idiopathiques
Les Nash sont en pleine explosion dans les pays industrialisées du fait de laugmentation de lobésité. Environ une personne sur 10 présentant une obésité sévère serait atteinte de Nash. Les experts présents à la PHC soulignent ainsi que cette pathologie représente la maladie hépatique la plus fréquente et aujourdhui la première cause de transplantation hépatique aux Etats-Unis. En outre, "près de 80% des cirrhoses auparavant considérées comme idiopathiques seraient en fait dues à une Nash, en particulier chez les sujets âges" , affirment les spécialistes. La Nash expliquerait 60 à 70% des perturbations inexpliquées du bilan hépatique. Aux Etats-Unis, la Nash concerne 5% de la population générale, contre 1% en France. La stéatose pure (absence d'inflammation, de nécrose et de fibrose), un stade qui précède la Nash, toucherait 15 à 20% de la population française. Son évolution lente et son caractère silencieux font que la pathologie est souvent sous-estimée.
Seule la biopsie hépatique permet détablir le diagnostic. Les experts considèrent que les marqueurs non invasifs de la fibrose qui existent actuellement "sont encore imparfaits et sujets à discussion".
10ème Paris Hepatology Conference (30-31 janvier 2017).

